Accompagner un parent qui vit un deuil périnatal

December 1, 2015

Le deuil périnatal est un sujet tabou, mais pourtant vécu par de nombreuses personnes. Au Québec, c’est une grossesse sur cinq qui ne se rend pas à terme. Cette forme de deuil n’est souvent pas reconnue par la société en général. Souvent, la perte d’un enfant en cours de grossesse, à la naissance ou peu de temps après est perçue comme une simple déception aux yeux des autres qui, trop souvent, ne comprennent pas toutes les implications que cette perte peut avoir pour les parents. La société a tendance à minimiser la perte de ces enfants. Les parents se sentent alors incompris, isolés et laissés à eux-mêmes.

 

Le deuil périnatal est complexe puisque les parents qui se préparaient à donner la vie doivent plutôt faire face à la mort. Peu importe le stade de la grossesse, le deuil périnatal peut être aussi important que la perte d’une personne chère avec qui nous avons partagé de nombreux souvenirs. L’absurdité du fait qu’un enfant puisse mourir avant d’avoir pu vivre plonge la famille dans le deuil d’un avenir plutôt que dans le deuil d’un passé. N’ayant souvent aucun souvenir tangible de cette vie qui s’est terminée trop tôt, les parents se retrouvent devant un vide et une solitude très difficile à vivre.

 

Reconnaître le deuil des parents

 

Afin d’aider les parents endeuillés, il est très important de reconnaître la perte de leur enfant et de ne pas la minimiser. Reconnaître que l’enfant a existé est très important pour les parents. Ils ont besoin de pouvoir vivre leur peine en toute légitimité sans être jugés ni se sentir pressés de se remettre rapidement. Un deuil est un processus complexe qui demande du temps et du soutien. Chaque personne le vivra différemment. Certaines personnes auront besoin d’en parler et d’autres chercheront plutôt à s’isoler. Il est important de respecter le rythme de chaque personne. Les parents passeront par toute une gamme d’émotions telles que la colère, la tristesse, l’incompréhension, l’impuissance. Il est important de comprendre et de respecter les besoins des parents.

 

Pas de mots magiques

 

Les gens sont souvent mal à l’aise et se sentent démunis face aux parents endeuillés. Il est difficile pour eux de comprendre ce que ressentent les parents lorsqu’ils perdent leur enfant et ils se sentent impuissants devant leur douleur. Ils tenteront trop souvent d’offrir du réconfort à l’aide de phrases clichés qui, en réalité, peuvent blesser les parents puisqu’elles minimisent l’importance de leur perte en sous-entendant que la vie de leur enfant n’était pas importante.

 

Il n’y a pas de mots magiques à dire aux parents endeuillés. Parfois, les mots sont inutiles. Une oreille attentive, une épaule réceptive, l’absence de jugement, accepter de voir leur peine et leur détresse sont les seuls choses que l’on puisse faire pour accompagner les parents dans le deuil de leur enfant perdu. Seul le temps permettra d’atténuer la douleur, mais jamais d’oublier. Cet enfant fera toujours parti de la famille. Il ne faut pas avoir peur d’en parler par crainte de raviver de mauvais souvenirs. Il faut seulement écouter. Les parents ont besoin d’en parler. Ils ont besoin de se rappeler et que l’on reconnaisse que leur enfant a existé.

 

Phrases à éviter

  • Vous êtes jeunes, vous en aurez d’autres

  • Ce serait pire si vous l’aviez connu

  • C’est mieux ainsi puisque l’enfant n’aurait pas été viable

  • La nature fait bien les choses

  • Cesse de pleurer, cesse de t’accrocher

  • Tu devrais penser à autre chose

  • C’est mieux que ça arrive plus tôt que plus tard

Offrir du soutien et de l'aide concrète

 

« Un message de sympathie est toujours approprié et réconfortant pour les parents. Parfois les mots échouent et sont inutiles lors d'un décès. Une poignée de main ou une accolade peuvent également servir à communiquer des sentiments. Il ne faut pas avoir peur du chagrin des parents. S'ils pleurent, c'est qu'on leur a permis de pleurer et ces larmes aideront leur cœur à guérir. Certains parents en deuil ne souhaitent peut-être pas parler autant qu'avant, mais rien n'empêche l'entourage de rester tout près ou de leur ouvrir une porte en leur disant qu'ils sont disponibles pour les écouter s'ils le désirent. Il est également possible d'utiliser d'autres moyens plus créatifs pour offrir un soutien. On entend souvent : «Laissez-moi savoir si je peux faire quelque chose». Les parents accepteront difficilement cette aide car ils penseront que celle-ci est offerte par politesse et non par véritable désir d'aider.

 

Les parents en deuil n'ont souvent pas l'énergie d'accomplir les tâches de la vie quotidienne. Leur apporter un repas, faire le ménage, tondre le gazon ou déblayer l'entrée suite à une tempête de neige, peuvent réellement leur donner un coup de main. Des suggestions d'aide concrètes telles que : «Souhaitez-vous que je promène votre chien durant un certain temps ?», «Je suis présentement à l'épicerie, dites-moi ce dont vous avez besoin et je pourrais vous laisser un sac de provisions à mon retour», «J'ai fait de la sauce à spaghetti et des muffins, ça vous va si je vais vous en porter ?», peuvent également être offertes.

 

Les écouter, être disponible, accueillir leur peine et respecter leur rythme de deuil sont de réelles façons d'apporter ce soutien espéré. » (Parents orphelins)

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