Quand le coeur n'y est pas...

December 2, 2015

La période des fêtes approche et vous souhaiteriez vous réveiller seulement lorsque tout sera terminé. Vous vous dites pourtant que ce moment devrait être synonyme de plaisir et de bonheur en famille! Les partys, les discussions, la famille, la naissance du Christ, les rires et les cadeaux riment plutôt avec « je devrai sourire et faire comme si tout allait bien », « je devrai affronter le regard et les commentaires des autres », « je verrai le bébé de ma sœur et la bedaine de ma cousine », « j’entendrai sans cesse qu’il est NÉ le divin enfant », « mon bébé aussi aurait dû déballer son cadeau »… L’ambiance est à la fête à l’extérieur et au deuil à l’intérieur.

 

Voici quelques trucs qui pourraient vous aider à traverser ces quelques semaines.

 

Les partys 

 

Pourquoi ne pas choisir ceux auxquels vous participerez? Qui a dit que Noël, cette année, devait se passer exactement comme les années précédentes? Et si vous vous accordiez le droit de demeurer un peu plus souvent chez vous. L’idée ici n’est pas de s’isoler durant toute la période des fêtes, mais bien de faire les choses qui vous paraissent les plus agréables. Rien ne sert d’aller affronter « matante Colette » si vous savez que ce sera un moment pénible… « Mais qu’est-ce que mes proches vont penser? » Ils penseront que vous êtes en deuil, que vous prenez soin de vous et que ce sera partie remise l’an prochain!

 

Pendant les soirées que vous aurez choisies, tentez de demeurer dans le moment présent. Il est évident que vos pensées vogueront souvent vers votre petit Ange et l’objectif n’est pas de faire comme si cela n’existait pas. Ma suggestion est de « regarder » ces pensées qui passent, mais de ne pas s’y attarder. Par exemple, vous vous dites que vous donneriez tout pour pouvoir présenter votre enfant à tout le monde, que vous aimeriez caresser votre bedon tout rond ou que votre enfant n’aura jamais la chance de vivre ces beaux moments. Accueillez ces pensées, donnez-vous de l’empathie et ne vous jugez surtout pas. Votre discours intérieur pourrait ressembler à cela : « Oui, j’aimerais qu’il soit là, ça serait vraiment bien et c’est normal que j’y pense beaucoup. Les choses se passeraient différemment s’il était là, mais aujourd’hui, présentement, je suis ici et je fais le choix d’essayer de passer un bon moment… ». Pas facile de se parler ainsi, mais tellement payant. S’accorder ces quelques secondes pour « s’entendre soi-même » fera toute la différence. Au lieu de chasser ces pensées et faire semblant qu’elles n’existent pas, vous prenez le temps de prendre soin de ce qui est présent à l’intérieur de vous et cela est apaisant. C’est comme lorsqu’un enfant nous fait une demande : si on se penche et qu’on l’écoute attentivement, il sera satisfait, mais si on fait semblant de ne pas l’entendre et qu’on le chasse, ses émotions risquent de s’amplifier et se transformer en crise. Alors prenez soin de vous et de vos pensées. C’est primordial.

 

C’est la même chose avec les émotions qui vous envahiront peut-être lorsque vous verrez le bébé ou la bedaine d’une femme de votre entourage. Donnez-vous le droit de vivre ces émotions et accueillez-vous. Si cela est trop confrontant, allez prendre un peu l’air pour faire descendre la tension et si rien ne va, permettez-vous de quitter les lieux en expliquant brièvement et simplement votre malaise : « Je suis désolée, je croyais vraiment que je pourrais passer un bon moment, mais tout ça est trop difficile pour moi en ce moment. Je vous souhaite de passer une superbe soirée et on se revoit très bientôt. Pour ma part, je vais retourner tranquillement à la maison et prendre soin de moi. »

 

Les discussions

 

Les regroupements de famille et d’amis sont évidemment synonymes de discussions sur une tonne de sujets. Assurément, on y parlera « bébé », grossesse et tout ce qui vient avec. Lorsque cela se présentera, si vous ne sentez pas que c’est un bon moment pour vous, rien ne vous empêche de quitter le groupe pour un moment, question de respirer tranquillement pour calmer la tempête en vous. Aussi, lors de chaque sortie que vous ferez, trouvez-vous un allier. Une personne de confiance qui connaît votre histoire et qui pourra être votre pilier ou votre porte de sortie si besoin. Ainsi, si vous sentez que vos émotions prennent toute la place, vous pourrez vous tourner vers cette personne qui sera une source de réconfort et une bonne oreille!

 

C’est presque incontournable, il y a au moins une personne qui vous parlera de votre deuil durant chaque soirée. Si vous ne souhaitez pas aborder ce sujet, vous pourrez utiliser quelques petites phrases préparées d’avance telles que : « C’est très difficile, merci de ta sympathie, mais je n’ai pas envie d’en parler en ce moment. » ou bien « Merci beaucoup de te préoccuper de moi, mais je ne crois pas que c’est le bon endroit pour parler de ça. » ou encore « Je sais que cela vous préoccupe/que vous êtes curieux, mais j’ai le goût de me changer les idées ce soir. ». Vous pourriez aussi demander à quelqu’un de mentionner à toutes les personnes présentes lors de la soirée que vous ne souhaitez pas parler de votre deuil.

 

Vous rencontrerez inévitablement  des personnes mal à l’aise, qui ne savent pas quoi dire et vous sentirez leurs regards sur vous. Une phrase qui commence par : « Je sais que tu es mal à l’aise, je vois bien que tu ne sais pas trop comment m’aborder étant donné les circonstances… » pourrait briser la glace ou, si le cœur vous en dit, vous pourriez aussi aller vers quelque chose comme : « Est-ce qu’il se pourrait que tu sois mal à l’aise avec moi? Tu sais, je vis un moment difficile, mais je suis la même personne. Si tu as des questions/si tu veux qu’on en parle un moment, on peut prendre quelques minutes pour le faire et ensuite, on sera plus détendu! ».

 

Finalement, si vous sentez que vous avez besoin de parler de ce que vous vivez, peu importe que ce soit une soirée de Noël ou non, trouvez-vous quelques oreilles attentives qui sauront prendre le temps de vous entendre. Vous pourrez leur dire que vous avez besoin de vous libérer pour bien poursuivre la soirée, pour réussir à peut-être en profiter un peu!

 

Bref, rappelez-vous que « TOUT SE DIT ». Il est parfois difficile de nommer les choses, mais ce n’est jamais impossible. Affirmez-vous! Cela ne peut qu’être bénéfique.

 

Les traditions

 

Si vous avez l’habitude de vous rendre à la messe de minuit pour célébrer la naissance de Jésus, il se peut que vous ayez envie de passer votre tour pour cette année. La crèche vivante et la réjouissance entourant cette naissance pourrait être source de tristesse ou de colère et vous n’avez pas à vous imposer ces émotions supplémentaires. Écoutez-vous et faites vos propres choix.

 

Si vous le souhaitez, vous pourriez acheter un cadeau symbolique pour votre petit Ange : une décoration pour le sapin de Noël, un ange que vous sortirez et exposerez chaque année en son honneur, un petit jouet que vous garderez précieusement en souvenir, etc.

 

Et pourquoi ne pas prendre quelques minutes durant votre réveillon en famille pour penser à votre enfant décédé? Chacun peut allumer une chandelle et vous tous écrivez et lisez un petit message en vous adressant à lui. Ce moment sera sans aucun doute intense et émotif, mais pourra ensuite laisser place à l’amour et au plaisir de Noël (surtout si vous avez d’autres enfants)!

 

Sur ces mots, je vous souhaite une période des fêtes parsemée de petites joies et de moments de paix.

 

Écoutez-vous, affirmez-vous, donnez-vous du temps et de l’amour…prenez soin de vous!

 

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